samedi 16 septembre 2017

Au bout du monde.

Bonjour,
Ce vendredi matin, nous nous levons vers 6.00 alors que le Bella Desgagnés quitte le port de St-Augustin, dernière escale avant Blanc Sablon. Le village est à 10 km du port encore une fois. Il compte quelques centaines d'habitants anglophones et à côté, Pakua Shipi, communauté Innu d'une centaine de résidents.  À part un peu de pêche, on se demande ce qui maintient les gens ici. Les jeunes partent tous pour travailler à l'extérieur, et il n'y a que la future route qui sauvera peut-être ces villages.
Le bonus ce matin c'est le canal de plusieurs km qui sépare le port de la pleine mer. Ce bras de mer est magnifique au lever de soleil.


Les maisons que vous voyez au long du chenal sont en fait des chalets. Nous avons observé ce phénomène tout au long du parcours. Les résidents, depuis toujours, passent l'hiver dans les villages protégés. À la fonte, ils s'installent dans ces chalets près de la mer, en transportant tout ce qui est nécessaire et y passent l'été pour pêcher . Nous avons vu des images des années '50 où l'on transportait la maison complète sur des radeaux. Il y en a partout sur les îles clairsemées.


Blanc Sablon
Nous arrivons vers 13.00 au quai de Blanc Sablon, et saluons l'équipage et les amis de voyage. L'expérience est concluante tant pour le confort du navire, que pour le territoire parcouru. Nous sommes très heureux de notre expérience.
Nous arrivons donc au boutte du boutte comme disait Raoul Duguay. Blanc Sablon, c'est la fin du Québec, la frontière du Labrador, la jonction entre le golfe St-Laurent et l'océan Atlantique. Une municipalité surtout anglophone, ou l'on parle bien français, divisée en trois villages, Brador, Lourdes et Ste-Thérèse. Environ 1100 habitants. Ces villages et les autres que l'on voit au Québec et au Labrador ont tous été occupés par des bretons, normands et basques vers les années 1500/1600 pour la pêche à la morue et la chasse à la baleine prisée pour son huile.  Ils venaient ici passer l'été et repartaient à l'automne. Plus tard, vers 1850, ce sont les Terre Neuviens qui occupèrent le territoire, également attirés par la qualité de la pêche.  C'est ce qui explique ce méli-mélo. De plus, les inuit et les montagnais se battaient pour le territoire. Au bas, à droite, on voit Terre-Neuve toute proche. Tous ces villages, du Labrador et du Québec ont des noms évocateurs: Forteau, l'Anse au Loup, Vieux Fort, Rivière St-Paul etc.


Ce soir, nous couchons à Forteau au Labrador à 15 minutes de Blanc Sablon dans un B&B.


Samedi: Virée dans les villages le long de la 138.
Nous partons en auto pour visiter les villages qui s'étendent le long de la route 138 qui s'étend sur 90 km autour de Blanc Sablon. Ce village, plutôt administratif a peu d'intérêt sauf pour les magnifiques plages de sable et le seul dépôt de la SAQ dans le coin.....  Il fut nommé ainsi par les français en souvenir des plages de la mère patrie.
Nous allons vers le sud pour Brador, site d'une chute spectaculaire.

En suivant la route, le paysage est austère , mais magnifique. Des rochers, entourés de différentes mousses. Pas d'arbres, sauf dans les creux abrités.   Lorsqu'on marche dans la mousse, nos pieds s'enfoncent de 15 cm.  Et au loin, toujours la mer.
 
En route nous passons à Rivière St-Paul, actuellement un port de pêche où vers 1640 dans une bataille décisive, les innus/naskapi vainquirent les inuits et les chassèrent de la région. On dit que plus de mille inuit périrent dans ces combats.
Plus loin à la fin de la route 138, nous arrivons au village de Vieux Fort. Selon plusieurs historiens, Jacques Cartier y éleva une croix en route vers Gaspé en 1534 lors de son premier voyage. Aujourd'hui un petit port de pêche, ce village anglophone pittoresque vit difficilement la fermeture de l'école primaire .
Nous rencontrons des pêcheurs et assistons à une rare pêche au maquereau effectuée dans la baie avec des filets. Très déçus, ils ne rapportèrent aucun poisson. La saison de crabe est terminée, mais c'est l'espèce la plus payante, car abondante et vendue partout dans le monde.
.
Carmen discute avec une ouvrière de l'usine.


Nous quittons l'ouest pour le Labrador afin de visiter le site historique de Red Bay 125 km plus loin sur l'atlantique.. On a y trouve les plus importants vestiges de la présence des pêcheurs basques. On y a trouvé les restes d'un baleinier coulé, de plusieurs chaloupes et des bouilloires à graisse de baleine etc. Toute une exposition. Voici une chaloupe de la très dangereuse chasse à la baleine qui était faite avec des harpons. Une vie très dure pour la centaine de marins par navire qui venaient chaque été à cet endroit et ailleurs sur la côte dans les année 1540.


Une journée bien remplie. Demain dimanche, vers Terre-Neuve.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire