mercredi 20 septembre 2017

Port au Choix ,Terre-neuve

Bonjour,
Ce matin, après plusieurs achats de confitures maisons à la chicoutai, et de la gelée au squasberry (intraduisible), nous filons vers le splendide parc national de Gros Morne.  une virée au sud de 375 km. En cours de route nous faisons un arrêt obligatoire à Port au Choix. Ce village renferme des vestiges exceptionnels qui soulignent la présence des premiers humains sur cette terre aride il y a 6000 ans.
Un parc national historique couvre l'isthme de cette pointe avancée dans le golfe St-Laurent et cette visite nous révèle un passé fabuleux. Six générations de peuples se sont arrêtés sur ce site giboyeux et plein de ressources halieutiques.        http://www.pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/nl/portauchoix/info

On a trouvé sur ce site aujourd'hui aride, un cimetière comprennent 175 corps enterrés avec beaucoup de renseignements sur le peuple "archaïque maritime"qui occupa cette côte entre 5000 et 1000 av J-C.
Un peuple provenant du Labrador et au delà, de Sibérie plusieurs générations plus tôt. Leur civilisation de chasse et de pêche était relativement prospère pour l'époque. Voici un exemple de la finesse de leur outils de pêche il y a 6000 ans.
 
Ils furent suivis par deux générations d'amérindiens dont les inuit  dits du Groswater et du Dorset jusqu'en 700 de notre ère.  Tous deux identifiés à cet endroit. Les derniers amérindiens installés à Terre-neuve et qui s'installèrent ici furent les Béothuks, un peuple algonquien, parent des innus / naskapi de la Côte Nord. Ils s'établirent vers le début de notre ère (an 0) et furent probablement en conflit avec les vikings. Peux nombreux, nomades et vivant au bord de la mer, ils ne purent résister à l'occupation du territoire  sur les côtes par les européens. Ils subirent le sort des hurons, maladies etc et furent plus ou moins exterminés dans l'indifférence vers 1800.
Le site de Port au Choix prouve la présences de toutes ces générations d'amérindiens à cet endroit.
Enfin , les basques, français s'établirent ici l'été pour la saison de pêche à partir de 1700. Les bretons construisaient des fours à pains dans ces villages de pêche temporaires. La baguette n'a pas de prix.



Les basques avaient inventé à l'époque la baleinière, grande chaloupe à voile de 8 mètres, servant à pourchasser les baleines lors de la chasse. Un village basque en Espagne à construit une baleinière selon les plans originaux et l'a remise en cadeau  au parc national.  La voici, du solide.

Par la suite, la France, ayant obtenu l'exclusivité de la pêche sur les côtes est et ouest de Terre-Neuve par le traité d'Utrech, subit la pression (organisée) des colons/pêcheurs britanniques qui reprirent peu à peu l'espace maritime. En 1904, la France renonça à ses droits en échange de compensation et garda St-Pierre et Miquelon.
Les terre-neuviens appellent "french shore"et les bretons "petit nord" ces côtes âprement disputées pendant deux siècles pour l'accès aux ressources de la mer. La carte suivante illustre ce conflit et la reprise progressive des côtes , surtout à l'est par les brits. C'est ce qui explique les nombreux villages à consonance française à Terre-neuve.

À partir de 1904, le havre de Port au Choix devint entièrement britannique et aujourd'hui une flotte de pêche active occupe sa rade.
Nous poursuivons notre longue route sous la pluie après diner, et observons une côte différente. le massif rocher est moins dense ,plus clairsemé et poreux. Nous sommes maintenant dans le golfe St-Laurent et le paysage est différent.

À l'intérieur, la forêt d'épinettes est plus dense qu'au nord, mais la tourbière est omniprésent sur les plateaux. Il fait plus doux, au moins 2 degrés.
On croise des rivières et parfois, le paysage rappelle l'Abitibi.

Dernier commentaire du blogueur après cette journée de route. Les anciens d'Hydro-Québec et autres amateurs de travaux lourds, apprécieront les défis de l'hydro Terre-Neuve pour l'installation de ses lignes hydroélectriques dans la molle tourbière.  Ainsi, pour solidifier les lignes, les poteaux sont souvent renforcés par des "boites" de pierre. Le sol est tellement perméable, que cette installation est observée sur  au moins le tiers  des poteaux installés. Rien n'échappe à l'observateur retraité.

Bon voilà nous arrivons à Gros Morne sous une fort pluie et une brume londonienne. Notre  sympathique hôte au B&B, comme tous les Terre-neuviens ruraux;  possède une motoneige, un bateau et un VTT,  plus une remorque pour tous ces joyaux. Et le pick up pour les tirer.
À plus.

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