vendredi 22 septembre 2017

Gros Morne # 2

Bonjour,
Deuxième journée à Gros Morne.  Les terre-neuviens prononcent Gross Morne.
Ce matin, nous allons vers le nord du parc vers un village qui se nomme Cow Head. Tout près, nous entreprenons une randonnée d'une douzaine de km au site magnifique de Western Brook pond. En fait  il s'agit d'un fjord magnifique datant de la dernière glaciation, il y a 15,000 ans. lors du réchauffement subséquent, la fonte des glaces a laissé ce lac entouré d'un massif de 650 mètres de haut à certain endroits et d'une longueur de 4 km. La profondeur du lac est de 165 mètres et cela prend 16 ans pour renouveler l'eau du lac. (À titre de comparaison, pour le St-Laurent à Montréal, cela prend 3 jours)  C'était nuageux, mais la photo donne une bonne idée. Pas besoin d'aller en Norvège.

Nous marchons jusqu'au lac et prenons un sentier qui doit nous permettre de nous rapprocher des murailles. Malheureusement, après un km, nous frappons un infranchissable torrent qui qui nous oblige à rebrousser chemin. Les fortes pluies de mercredi ont des conséquences.


Tout un spectacle.    Sur le sentier, il y des panneaux explicatifs et nous sommes impressionnées par cette information sur les plantes carnivores de la tourbière, Celle-ci ramasse les insectes dans ses coupoles et les digèrent tout simplement. Tout un festin.

Nous espérions croiser un  orignal, fort nombreux ici et notre voeu fut exaucé sur le chemin du retour dans la tourbière; un magnifique mâle aperçu au loin . Ma caméra l'a pris un peu embrouillé, mais un gentleman d'Ontario, équipé d'un zoom professionnel a eu la gentillesse de me donner sa version. Toute une bête. Nous sommes chanceux, car la chasse débute demain et ils se feront plus discrets.

 Nous dinons sur le bord du lac et repartons vers le bord de mer. Il y a du vent en sacrafice, et les vagues sont déchainées. Un beau sentier, mi-forêt, mi-bord de mer.  très reposant.

Soleil de fin de journée.

Retour à la casa, et la familia opte pour un repas au B&B que nous apportons du resto local.
Lasagne pour Carmen et de mon côté je n'ai pu résister au hamburger d'orignal. Curieusement, on en offre dans tous les restos. Au Q, je crois que ce serait illégal.....
Finalement, l'inévitable coucher de soleil. Merci Carmen.
Ciao





jeudi 21 septembre 2017

Gros Morne.

Bonjour,
Nous voici installés à Rocky Harbour en plein coeur du magnifique parc naturel canadien de Gros Morne.  J'ai fouillé dans le dico pour trouver la signification du nom. En fait j'apprend que morne en français veut dire ennuyeux, épuisé fatigué. On n'emploie plus souvent ce terme dans le langage courant, mais j'ai compris qu'une personne morne avec le dos arrondi pouvait donner une image à ce gros massif rocheux, que les français on nommé  vers 1700, Gros Morne.  On retrouve également ce nom pour un massif en Guadeloupe.  Voici le monstre.

On peut atteindre le sommet par un sentier balisé, mais cette marche en boucle prend environ 8/9 heures; un peu au-dessus de nos forces.  Après une visite au centre d'accueil, nous nous orientons avec notre goûter vers le sentier des chutes Bakers.
Ce sentier de 12 km aller retour est plutôt modéré et permet une introduction basique de cet immense parc.  Le sentier franchit la tourbière molle pour au moins le tirs du trajet. Parcs Canada nous offre donc un trottoir en bois pour au moins le tiers du trajet. Parc Canada ne regarde pas à la dépense .$$$

Il y a plusieurs explications sur l'habitat des orignaux, très présents dans cette forêt tout au long du parcours.. Nous sommes un peu victimes des fortes pluies de la veille, car le dernier km est très boueux. Mais bon, la récompense valait la peine.

Au retour, nous allons au village de Norris Point, qui est entouré par le parc et la baie Bonne. (Bonne Bay) Très jolie en fin d'aprem.
 
Et voilà, une belle journée de vacances. Nous passons trois jours ici, car il y a plein de sentiers et de paysages grandioses à voir. Le parc est immense.
Un souper rapide au village et nous goûtons aux fishcake, un met terre-neuvien très populaire.  Une croquette de poisson pilé aves des oignons et patates. Le tout est frit à la poêle. On le sert avec du concombre mariné à la moutarde. Carottes et navet bouillis complètent l'assiette. Original.
Il est difficile de trouver des légumes frais dans ce coin. Tomates laitue etc......très rares
Voilà, à plus.


mercredi 20 septembre 2017

Port au Choix ,Terre-neuve

Bonjour,
Ce matin, après plusieurs achats de confitures maisons à la chicoutai, et de la gelée au squasberry (intraduisible), nous filons vers le splendide parc national de Gros Morne.  une virée au sud de 375 km. En cours de route nous faisons un arrêt obligatoire à Port au Choix. Ce village renferme des vestiges exceptionnels qui soulignent la présence des premiers humains sur cette terre aride il y a 6000 ans.
Un parc national historique couvre l'isthme de cette pointe avancée dans le golfe St-Laurent et cette visite nous révèle un passé fabuleux. Six générations de peuples se sont arrêtés sur ce site giboyeux et plein de ressources halieutiques.        http://www.pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/nl/portauchoix/info

On a trouvé sur ce site aujourd'hui aride, un cimetière comprennent 175 corps enterrés avec beaucoup de renseignements sur le peuple "archaïque maritime"qui occupa cette côte entre 5000 et 1000 av J-C.
Un peuple provenant du Labrador et au delà, de Sibérie plusieurs générations plus tôt. Leur civilisation de chasse et de pêche était relativement prospère pour l'époque. Voici un exemple de la finesse de leur outils de pêche il y a 6000 ans.
 
Ils furent suivis par deux générations d'amérindiens dont les inuit  dits du Groswater et du Dorset jusqu'en 700 de notre ère.  Tous deux identifiés à cet endroit. Les derniers amérindiens installés à Terre-neuve et qui s'installèrent ici furent les Béothuks, un peuple algonquien, parent des innus / naskapi de la Côte Nord. Ils s'établirent vers le début de notre ère (an 0) et furent probablement en conflit avec les vikings. Peux nombreux, nomades et vivant au bord de la mer, ils ne purent résister à l'occupation du territoire  sur les côtes par les européens. Ils subirent le sort des hurons, maladies etc et furent plus ou moins exterminés dans l'indifférence vers 1800.
Le site de Port au Choix prouve la présences de toutes ces générations d'amérindiens à cet endroit.
Enfin , les basques, français s'établirent ici l'été pour la saison de pêche à partir de 1700. Les bretons construisaient des fours à pains dans ces villages de pêche temporaires. La baguette n'a pas de prix.



Les basques avaient inventé à l'époque la baleinière, grande chaloupe à voile de 8 mètres, servant à pourchasser les baleines lors de la chasse. Un village basque en Espagne à construit une baleinière selon les plans originaux et l'a remise en cadeau  au parc national.  La voici, du solide.

Par la suite, la France, ayant obtenu l'exclusivité de la pêche sur les côtes est et ouest de Terre-Neuve par le traité d'Utrech, subit la pression (organisée) des colons/pêcheurs britanniques qui reprirent peu à peu l'espace maritime. En 1904, la France renonça à ses droits en échange de compensation et garda St-Pierre et Miquelon.
Les terre-neuviens appellent "french shore"et les bretons "petit nord" ces côtes âprement disputées pendant deux siècles pour l'accès aux ressources de la mer. La carte suivante illustre ce conflit et la reprise progressive des côtes , surtout à l'est par les brits. C'est ce qui explique les nombreux villages à consonance française à Terre-neuve.

À partir de 1904, le havre de Port au Choix devint entièrement britannique et aujourd'hui une flotte de pêche active occupe sa rade.
Nous poursuivons notre longue route sous la pluie après diner, et observons une côte différente. le massif rocher est moins dense ,plus clairsemé et poreux. Nous sommes maintenant dans le golfe St-Laurent et le paysage est différent.

À l'intérieur, la forêt d'épinettes est plus dense qu'au nord, mais la tourbière est omniprésent sur les plateaux. Il fait plus doux, au moins 2 degrés.
On croise des rivières et parfois, le paysage rappelle l'Abitibi.

Dernier commentaire du blogueur après cette journée de route. Les anciens d'Hydro-Québec et autres amateurs de travaux lourds, apprécieront les défis de l'hydro Terre-Neuve pour l'installation de ses lignes hydroélectriques dans la molle tourbière.  Ainsi, pour solidifier les lignes, les poteaux sont souvent renforcés par des "boites" de pierre. Le sol est tellement perméable, que cette installation est observée sur  au moins le tiers  des poteaux installés. Rien n'échappe à l'observateur retraité.

Bon voilà nous arrivons à Gros Morne sous une fort pluie et une brume londonienne. Notre  sympathique hôte au B&B, comme tous les Terre-neuviens ruraux;  possède une motoneige, un bateau et un VTT,  plus une remorque pour tous ces joyaux. Et le pick up pour les tirer.
À plus.

mardi 19 septembre 2017

Où sont les icebergs ?

Bonjour,
Dernière journée au nord du nord. Demain nous entamons notre retour vers le sud au parc de Gros Morne.
Voici quelques observations sur la région avant de la quitter.
Les icebergs déferlent en provenance du Groenland jusqu'à la fin juillet. Il y en a tellement, qu'on appelle ici la région Iceberg Alley. C'est aussi une région renommée pour l'observation des baleines qui cheminent nord sud  ou vice versa selon la saison. Nous n'en avons pas vu ici, mais sur la Basse Côte Nord nous en avons observé à trois reprises.
Nous filons vers le chef lieu du nord de Terre-Neuve, St-Anthony. Une petite ville bien équipée avec hôpital etc et une rade très protégée pour les bateaux de pêche. Une usine de transformation de poissons y prospère. Sûrement le plus gros employeur privé.
 
En route, nous traversons plusieurs villages au noms francophones, plutôt bretons et pourtant pas un seul chrétien ne parle le Molière ici. Quirpon, St-Lunaire, St-Julien, Baie des pistolets, Port au Choix et Croque, parmi tant d'autres.
La raison est simple; suite au traité d'Utrech, en 1713, la France a gardé l'exclusivité des droits de pêche sur ce que les bretons appelaient le petit nord, et ce jusqu'en 1904. Ils venaient donc dans ces petites anses abritées à chaque année pour la saison de pêche, et repartaient à l'automne. Des habitudes prises vers 1500 dans ces eaux très poissonneuses. (C'est moins vrai aujourd'hui avec la surpêche.) A partir de 1904, les terre-neuviens s'y établirent en masse et fondèrent ces petits villages  de pêche à leur tour.

Autres curiosité pour nous, c'est la saison de la chasse à l'orignal. Il y en a beaucoup et plusieurs obtiennent des permis suite à un tirage au sort. Au quai de Quirpon, on procède au dépeçage d'un orignal de 250 kg tué le matin même.  Il y en a tellement qu'il faut vraiment faire attention sur les routes.

Au bord des routes, on aperçoit souvent des petits jardins clôturés  avec des plants de patates ,carottes choux etc. Après vérification, on nous explique que l'île est tellement rocailleuse et envahie de tourbières, qu'il y a peu de sites pour le potager. dès qu'il y a un espace de terre acceptable le long d'une route, on l'occupe et les gens l'entretiennent.  Pas de vols de légumes ici. On voit ces petits enclos de cultures partout.

Même chose pour le bois de chauffage. Les citoyens ont accès aux forêts de la couronne où ils peuvent prélever du bois de chauffage. Le bois est coupé en hiver et ramené le long des routes dans ces traineaux à neige maison, tirés par des motoneiges. Il a séché, et en automne, on le fend et l'apporte à la maison avec des remorques ou le pick up familial. Il y a des tas de bois brut partout au long des routes et encore une fois pas de vols.  Évidemment, il n'y a que de l'épinette, un bois mou qui brûle comme du papier. Pas d'érable ici. comme on me l'a souligné; ils n'ont que ça.

Le touriste s'intéresse à tout. J'ai été frappé par le modèle original des boites de poubelles chez les particulier. 90% décorent leurs entrées avec ce modèle octogonal et ses variantes. Elles sont toutes fabriqués maison. Autre chose, ici pas de compost ou de récupération. On jette tout; le ramassage et la récup coûteraient trop cher avec les distances et la population clairsemée. Tout au plus, on consigne les bouteilles de verre à la société des alcools.

Il pleut pour la première fois de ce voyage aujourd'hui et nous rentrons tôt. Ce soir assiette du pêcheur au resto.
Ciao

lundi 18 septembre 2017

Les Vikings à Terre-Neuve il y a mille ans.

Bonjour fidèles et moins fidèles lecteurs.
Ce matin nous vivons un moment d'histoire inoubliable.  Qui a découvert l'Amérique?  Christophe Colomb?  Qui a découvert le Canada? Cabot, Jacques Cartier?   Aucun de ces explorateurs. Et la preuve a été trouvée à l'Anse à Médé, aujourd'hui l'Anse aux Meadows.   Vers l'an 980, des Norois de Norvège, établis en Islande dirigés par Éric le Rouge, sont chassés de l'île suite à un condamnation pour meurtre. L'Islande comtpait plus de 40,000 habitants à cette époque et ils émigrent au Groenland

Le Groenland c'est beau, mais s'il y a de la verdure et des pâturages au sud, il n'y a malheureusement pas d'arbres pour construire navires et maisons. Son fils Leif Ericsson part en expédition vers le Labrador et découvre Terre-Neuve en l'an mille à L'Anse aux Meadows. Ils ne s'y installent pas, mais en 10 ans et 5 traversées, ils construisent un petit village d'une centaine d'habitants. Ils y trouvent du fer pour la forge et les précieux arbres nécessaires à la construction.
Voici sur carte, l'épopée des Noirois qu'on appelle communément Vikings.

Imaginons l'épopée de ces marins qui traversèrent l'océan hostile à bord des drakkars, ces bateaux très évolués pour l'époque.
Nous avons plusieurs preuves de leur présence.  La saga des scandinaves, livres anciens qui révèlent cette expérience; la découverte du site à Terre-Neuve par des chercheurs norvégiens et surtout la découverte d'objets fabriqués en Europe vers l'an 1000 en scandinavie.  Le site de l'Anse aux Meadows, patrimoine mondial de l'Unesco, révèle des  constructions et artéfacts similaires à ceux retrouvés en Islande. Donc il est établi que Colomb n'a pas découvert l'Amérique. Qui l'aurait cru?
La visite du site découvert en 1979 est fascinante.

Parcs Canada a reconstruit le maisons viking exactement sur le fondations découvertes à partir de modèles retrouvées en scandinavie.
Les maisons étaient construites à partir de mur en mousse de tourbe et des toits végétaux soutenus par des branches courbées.
  
Cette visite avec explications détaillées d'un excellent guide de Parc Canada se termine par une marche de 2 km dans sur le bord de mer et dans les tourbières.

Après un sandwich au B&B, nous nous dirigeons vers la pointe extrême nord de Terre-neuve, Ships Cove où un sentier montagneux au bord de mer nous attend. Vues époustouflantes, sérénité garantie.

Au loin , on aperçoit l'île de Belle Isle qui marque l'entrée du du détroit même nom entre le Labrador et Terre-Neuve. Le village compte  60 habitants au bout d'une longue route et ils sont tous retraités.
Pas d'enfants, pas d'avenir.

Nous rencontrons une dame dont le mari est né ici. Plusieurs anecdotes sur le patelin suivent .
Au retour, nous participons à un souper canadien avec des gens de l'Alberta du BC et de l'Ontario.
Au menu, d'orignal rôti préparé par notre hôtesse du B&B . Délicieux. Il y en a beaucoup ici et la bête a été tuée par son mari.

dimanche 17 septembre 2017

Traverse vers Terre-neuve

Bonjour,
Nous quittons la Basse-Côte Nord ce matin pour prendre le traversier vers l'immense île de Terre-Neuve. Carmen qui adore les coucher de soleil en profite pour prendre un magnifique lever. Il y a une heure et demie de différence avec le Québec. Heure des maritimes + demi-heure pour Terre-Neuve.
Le soleil se couche plus tard et se lève plus tôt. Également, nous sommes passés du 45 ième parallèle à Montréal au 51ième aux portes du Labrador. Pas mal plus froid.

Le soussigné qui adore les bateaux en profite pour visiter le port de Blanc Sablon . La pêche et les bateaux en général sont omniprésents.

Le traversier, l'Apollo est le seul lien au nord entre l'île et le continent. Pour Terre-Neuve et le Labrador, c'est vital. D'ailleurs il est largement subventionné par le fédéral. (Il n'y a pas que le pont Champlain)Notre billet pour deux passagers et une voiture coûte $30.00. C'est peu pour une traversée d'une heure et demie.

Nous arrivons donc à Ste-Barbe vers midi et nous dirigeons vers l'extrême nord-est de l'île, sur la #430, à l'Anse aux Meadows, site des l'établissements des Vikings en Amérique il y a mille ans.


D'abord un diner sandwich sur la plage dans le port du village de Flower's Cove. Vue sur un très ancien phare/maison datant des années 1880.
Pour l'amateur de la petite histoire, nous apprenons que suite au traité d'Utrech en 1713 entre la France et l'Angleterre, la navigation sur la côte ouest de Terre-Neuve était confié à la Nouvelle-France. En 1760, cette responsabilité fut transférée  à la colonie du Canada car T-N était une autre colonie britannique. Bre, c'est l'administration de navigation du St-Laurent qui fut chargée de construire  et maintenir les phares sur la côte ouest vers 1880. Ce sont donc des québécois qui s'en occupèrent . Pour le phare de Flower's Cove, trois génération de Lavallée furent les gardiens jusqu'en 1969, date d'installation des phares automatiques.

Une autre curiosité nous surprend dans ce village. Sur le bord de la mer, un site naturel unique nous attend. il s'agit de pierres fossilisées à partir de micro organismes qui constituaient la première forme de vie il y a 650 millions d'années. On les appelle les thrombolites ou rochers vivants. Il n'y a que deux vestiges connu au monde de ces structures très rares, l'autre est en Australie. Jugez par vous même.

Nous reprenons la route du nord pour notre B&B très sympa au bord de la mer. Le village voisin se nomme poétiquement St-Lunaire-Griquet. Carmen en profite pour surveiller les éventuelles baleines, et nous allons souper au resto de poisson local.  La meilleure morue fraîche que j'aie mangée depuis 1949.
À demain.
 

samedi 16 septembre 2017

Au bout du monde.

Bonjour,
Ce vendredi matin, nous nous levons vers 6.00 alors que le Bella Desgagnés quitte le port de St-Augustin, dernière escale avant Blanc Sablon. Le village est à 10 km du port encore une fois. Il compte quelques centaines d'habitants anglophones et à côté, Pakua Shipi, communauté Innu d'une centaine de résidents.  À part un peu de pêche, on se demande ce qui maintient les gens ici. Les jeunes partent tous pour travailler à l'extérieur, et il n'y a que la future route qui sauvera peut-être ces villages.
Le bonus ce matin c'est le canal de plusieurs km qui sépare le port de la pleine mer. Ce bras de mer est magnifique au lever de soleil.


Les maisons que vous voyez au long du chenal sont en fait des chalets. Nous avons observé ce phénomène tout au long du parcours. Les résidents, depuis toujours, passent l'hiver dans les villages protégés. À la fonte, ils s'installent dans ces chalets près de la mer, en transportant tout ce qui est nécessaire et y passent l'été pour pêcher . Nous avons vu des images des années '50 où l'on transportait la maison complète sur des radeaux. Il y en a partout sur les îles clairsemées.


Blanc Sablon
Nous arrivons vers 13.00 au quai de Blanc Sablon, et saluons l'équipage et les amis de voyage. L'expérience est concluante tant pour le confort du navire, que pour le territoire parcouru. Nous sommes très heureux de notre expérience.
Nous arrivons donc au boutte du boutte comme disait Raoul Duguay. Blanc Sablon, c'est la fin du Québec, la frontière du Labrador, la jonction entre le golfe St-Laurent et l'océan Atlantique. Une municipalité surtout anglophone, ou l'on parle bien français, divisée en trois villages, Brador, Lourdes et Ste-Thérèse. Environ 1100 habitants. Ces villages et les autres que l'on voit au Québec et au Labrador ont tous été occupés par des bretons, normands et basques vers les années 1500/1600 pour la pêche à la morue et la chasse à la baleine prisée pour son huile.  Ils venaient ici passer l'été et repartaient à l'automne. Plus tard, vers 1850, ce sont les Terre Neuviens qui occupèrent le territoire, également attirés par la qualité de la pêche.  C'est ce qui explique ce méli-mélo. De plus, les inuit et les montagnais se battaient pour le territoire. Au bas, à droite, on voit Terre-Neuve toute proche. Tous ces villages, du Labrador et du Québec ont des noms évocateurs: Forteau, l'Anse au Loup, Vieux Fort, Rivière St-Paul etc.


Ce soir, nous couchons à Forteau au Labrador à 15 minutes de Blanc Sablon dans un B&B.


Samedi: Virée dans les villages le long de la 138.
Nous partons en auto pour visiter les villages qui s'étendent le long de la route 138 qui s'étend sur 90 km autour de Blanc Sablon. Ce village, plutôt administratif a peu d'intérêt sauf pour les magnifiques plages de sable et le seul dépôt de la SAQ dans le coin.....  Il fut nommé ainsi par les français en souvenir des plages de la mère patrie.
Nous allons vers le sud pour Brador, site d'une chute spectaculaire.

En suivant la route, le paysage est austère , mais magnifique. Des rochers, entourés de différentes mousses. Pas d'arbres, sauf dans les creux abrités.   Lorsqu'on marche dans la mousse, nos pieds s'enfoncent de 15 cm.  Et au loin, toujours la mer.
 
En route nous passons à Rivière St-Paul, actuellement un port de pêche où vers 1640 dans une bataille décisive, les innus/naskapi vainquirent les inuits et les chassèrent de la région. On dit que plus de mille inuit périrent dans ces combats.
Plus loin à la fin de la route 138, nous arrivons au village de Vieux Fort. Selon plusieurs historiens, Jacques Cartier y éleva une croix en route vers Gaspé en 1534 lors de son premier voyage. Aujourd'hui un petit port de pêche, ce village anglophone pittoresque vit difficilement la fermeture de l'école primaire .
Nous rencontrons des pêcheurs et assistons à une rare pêche au maquereau effectuée dans la baie avec des filets. Très déçus, ils ne rapportèrent aucun poisson. La saison de crabe est terminée, mais c'est l'espèce la plus payante, car abondante et vendue partout dans le monde.
.
Carmen discute avec une ouvrière de l'usine.


Nous quittons l'ouest pour le Labrador afin de visiter le site historique de Red Bay 125 km plus loin sur l'atlantique.. On a y trouve les plus importants vestiges de la présence des pêcheurs basques. On y a trouvé les restes d'un baleinier coulé, de plusieurs chaloupes et des bouilloires à graisse de baleine etc. Toute une exposition. Voici une chaloupe de la très dangereuse chasse à la baleine qui était faite avec des harpons. Une vie très dure pour la centaine de marins par navire qui venaient chaque été à cet endroit et ailleurs sur la côte dans les année 1540.


Une journée bien remplie. Demain dimanche, vers Terre-Neuve.


vendredi 15 septembre 2017

Les villages isolés

Bonjour,
Nous entreprenons mercredi soir la portion la plus intéressante du voyage, les villages isolés. Il y en a sept, mais Chevery n'est pas accessible par le Bella et les fournitures arrivent par barge de Harrington.
Nous arrivons à Kegaska vers 22.00 et assistons à l'arrivée de voyageurs. La route 138 finit ici et les gens s'y rendent avec leurs véhicules pour sauver des $. À partir d'ici le passage ne coûte pas cher si on ne prend pas de cabine.
Une centaine de personnes montent à bord. Ils débarqueront au fur et à mesure que nous nous arrêterons dans les villages. Les Innus, très nombreux débarquent pour la plupart à la Romaine, le premier village isolé, Transport= $20.00.

Évidemment, chargement et déchargement de nuit.

On repart vers La Romaine où le navire s'arrêtera pendant notre somme. La mer est calme depuis notre départ, donc pas de soucis. Ce village est francophone et compte 1100 habitants dont 1000 Innus. Leur village se nomme Unamen Shipu. Ces Innus sont nomades Ils pêchent l'été au village et montent au nord l'automne pour la chasse et la pêche d'hiver.
Au matin, jeudi, nous passons devant Chevery, village francophone et arrivons au plus beau village de la Basse Côte Nord, Harrington Harbour. C'est un village anglophone d'environ  255 habitants. (600 avant la disparition de la morue) On y a tourné le film La grande séduction, ce qui a grandement contribué au renouveau touristique de la région. Inutile d'ajouter que le paysage est magnifique.

Harrington vit de la pêche, et comme il n'y a pas de route, on y a emménagé des chemins et trottoirs en bois. Tout le monde circule en VTT. L'hiver... la motoneige.  Le bois de chauffage provient de la forêt boréale à environ 5 km de la côte, où rien ne pousse. C'est de l'épinette, pas de bois dur????
Vous remarquerez le stationnement de VTT devant les maisons. Celui -ci en a 3 .

Le centre ville.

Les baies du village font rêver.


Nous repartons dès que les marchandises ont transité pour le prochain village à deux heures de bateau; Tête à la Baleine. Ce village francophone est localisé à 10 km du port, donc on ne le verra pas. Par contre, nous arrivons au coucher du soleil et le spectacle est inoubliable. L'accès est difficile pour le capitaine, car l'entrée est entourée d'un archipel de 600 îles. Pas facile par temps brumeux.
Nous descendons juste avant le souper et profitons du coucher de Galarneau.




Nous rentrons pour souper et puisque la cheffe nous propose une magnifique assiette du pêcheur avec des tonnes de crabe, pétoncles, homard, moules, crevettes etc, nous prenons un bon Pinot Grigrio avec de nouveaux amis.
Il fait noir lorsque vers 22 heures nous arrivons au village de la Tabatière qui fut fondé vers 1700 par des pêcheurs français. Depuis, des pêcheurs anglophones de Terre-neuve s'y sont installés et prospèrent. Le village compte environ 450 habitants anglophones. Le mot Tabatière vient de l'innu
tabaquen qui signifie "sorcier".
Il est tard et on a eu une grosse journée . Dodo après une courte descente au port.
À demain vendredi.